Oltrepo Pavese en Lombardie, la nouvelle région vin à découvrir

Le vignoble d’Oltrepo Pavese est une pépite à découvrir. Situé à 1 heure au sud de Milan, ce territoire a toujours eu la réputation de produire des vins de qualité, et peu cher. Aujourd’hui, les producteurs proposent toute une gamme de vin qualitatif dans une région, qui entre collines, thermes et surtout l’accueil de ses vigneron(ne)s, donnent envie d’aller à leur rencontre et de déguster. Point sur ce vignoble, ses cépages et ses vins qui invitent au slow oenotourisme.

Sommaire :

  • Le vignoble d’Oltrepo Pavese
  • Les cépages : entre pinot noir et variétés indigènes
  • Les vins en AOP : une large gamme
  • Vivre le slow tourisme à l’italienne

Le vignoble d’Oltrepo Pavese

Situé en Lombardie, c’est la zone viticole la plus septentrionale de l’Italie. Sa ville Pavie (Pavese en italien) est à seulement 45 km au sud de Milan. Il borde les régions d’Émilie-Romagne et du Piémont. Étonnamment, sa zone géographique est “en forme de grappe de raisin”, comme décrit Carlo Veronese, le directeur du Consortium Tutela Vini Oltrepo Pavese, l’organisation qui gère les vins en AOP et en IGP produit dans cette région.  Il ajoute : “elle se situe exactement à mi-chemin entre le pôle Nord et l’équateur, à savoir sur le 45ème parallèle, comme à Bordeaux, là où sont produits les plus grands vins”.

Sur ses 440 kilomètres de collines, environ 13 000 hectares de vignes sont gérés par 350 sociétés qui produisent en moyenne 75 millions de bouteilles. Notons qu’avec sa forte tradition coopérative, de nombreuses coopératives viticoles, appelées “Cantina” sont présentes sur ce territoire. Les membres cultivent de petites surfaces de deux hectares en moyenne.

Les cépages : entre pinot noir et variétés indigènes

L’Oltrepò est le plus grand producteur de la variété pinot noir en Italie avec environ 3 000 hectares.  C’est aussi la troisième zone de production mondiale de ce cépage. Pour le directeur du consortium “le pinot noir est la porte drapeau de la qualité des vins produits dans notre région”.  Les autres cépages les plus cultivés couvrant 84 % de l’ensemble du vignoble d’Oltrepò sont : Croatina (4 000 hectares), Barbera (3 000), Moscato (500 ), sans oublier les 1500 hectares de riesling, italien et allemand. On trouve aussi : Uva Rara, Ughetta / Vespolina, Pinot Bianco, Pinot Grigio, Cortese Bianco, Malvasia et même du Müller-Thurgau que l’on trouve entre autres au Luxembourg.

Les vins en AOP : une large gamme

7 appellations sont présentes sur ce territoire : Casteggio, Oltrepò Pavese Pinot grigio, Pinot nero dell’Oltrepò Pavese, Sangue di Giuda dell’Oltrepò Pavese, Oltrepò Pavese, Bonarda dell’Oltrepò Pavese and Buttafuoco dell’Oltrepò Pavese

Si l’on retrouve autant de pinot noir, c’est qu’il rentre dans la composition des vins tranquilles et de vins effervescents à travers la DOCG Pinot Noir Méthode Classique Oltrepo’ Pavese. Il est obtenu à partir de la méthode dite classique, identique à la méthode champenoise.  Le pinot noir est le porte drapeau de la qualité, notamment pour ces effervescents qui se positionnent en termes de prix en moyenne entre 18 et 25 €. Les vins produits par ​​le vigneron Luca Bellani du domaine Ca Di Frara sont un merveilleux exemple de ses extraordinaires bulles. 

Vivre le slow tourisme à l’italienne

Les collines en pente douce, tapissées de vigne, se situent entre 300 et 400 mètres d’altitude. La quiétude de ces paysages appelle au slow tourisme pour prendre le temps d’aller à la rencontre de ses femmes et de ses hommes qui cultivent la vigne. La bonne idée est de découvrir ce vignoble en vélo électrique. Selon le consortium : “toutes les caves sont équipées pour accueillir des dégustations en plein air ou en cave sur réservation. Vous pouvez trouver plus d’informations sur la route #enotourisme à Oltrepò Pavese. Le hashtag officiel est #OltrepoDivino #oltrepowinelover #OltrepopaveseDOCG”.

Ce qu’on aime vraiment aussi, c’est la présence dans chaque domaine du salami qui vieillit dans les caves. Dès lors que l’on déguste un vin, c’est souvent en tandem avec ce saucisson (Varzi salami). Sans parler de leurs fromages de la vallée de Staffora, miel, safran, truffe noire, cerise Bagnaria., poivron de Voghera, potiron Berrettina, pommes de terre de montagne, et tant d’autres produits qui appellent à la savoureuse cuisine italienne. Pour des accords mets et vins parfaits, de l’entrée au dessert.

Anne Schoendoerffer

Sources : www.consorziovinioltrepo.it/, Anne Schoendoerffer

Les cépages résistants français, cépages d’avenir ?

Artaban, Floréal, Vidoc et Voltis  ne sont pas les héros de la dernière série Netflix. Mais les noms donnés à ces cépages que l’on nomme communément résistants ou cépages tolérants et adaptés aux nouvelles conditions climatiques ou encore nouvelles variétés de vignes françaises. C’est selon. Elles ont été créées dès leur origine au XIXe siècle pour résister aux maladies de la vigne. Quelle est leur histoire ? Quel est leur avenir ? Point sur ces quatre premières variétés de vignes françaises résistantes.

Sommaire :

  • A l’origine
  • Au XXIe siècle
  • Le Languedoc, pionnière en France
  • Les 4 cépages français autorisés
  • L’avenir ?

A l’origine

Comme le rappel OsCar, l’Observatoire national du déploiement des cépages résistants, créé par l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et l’IFV (Institut français de la vigne et du vin) : “La résistance de la vigne aux maladies et ravageurs est devenue un sujet d’étude dès le milieu du XIXème siècle, avec l’introduction en Europe de maladies dévastatrices – oïdium, mildiou, black rot, phylloxéra – venues d’Amérique du Nord. Des croisements entre des vignes américaines (V. rupestris, V. lincecumi, V. berlandieri…) et européennes Vitis vinifera – sensibles dans leur grande majorité – ont alors été réalisés pour obtenir de nouvelles variétés appelées hybrides producteurs directs, résistantes à la fois à l’oïdium, au mildiou et au phylloxéra”. Dès l’origine, les cépages résistants ont donc été créés pour résister aux maladies. Ce ne sont pas des OGM, mais bien des croisements de vignes !

Au XXIe siècle

Depuis une dizaine d’années, la recherche en France s’est accélérée. Pourquoi ? Pour répondre aux enjeux du réchauffement climatique. L’objectif : réduire les traitements phytosanitaires. En clair, lorsque la pression oïdium et/ou mildiou se fait forte, Artaban, Floréal, Vidoc et Voltis résistent naturellement. Les traitements sont moindres, voire inexistants selon la force de l’attaque.

Le Languedoc, pionnière en France

Tout a commencé à la première cave coopérative française, à Maraussan. 55 souches de 4 variétés résistantes, deux blancs et deux noirs, ont été plantées sur une parcelle expérimentale par les vignobles Foncalieu. C’était en 2007. Avec les cépages résistants créés par le défunt Alain Bouquet, alors directeur de recherche à l’INRA.  Pour l’instant, ces français n’étant pas inscrits dans le catalogue, ils sont sans nom et ne peuvent être (à ce jour) plantés officiellement.

Les 4 cépages français autorisés

Depuis 2019, Artaban, Floréal, Vidoc et Voltis, issus du programme Resdur1/INRA, ont été officiellement et définitivement autorisés à entrer dans le cahier des charges des IGP du Gard, des Cévennes, des Coteaux du Pont du Gard, de Pays d’Oc, du Var, des Alpes-Maritimes, d’Atlantique et du Val de Loire.

En 2020, c’est au tour des IGP des Côtes Catalanes, du Vaucluse, des Collines Rhodaniennes, d’Ardèche, de la Drôme, des Coteaux des Baronnies et du Périgord. En 2021 les IGP de la Méditerranée et de Pays des Bouches-du-Rhône. D’autres sont en cours pour les IGP Charentais, de l’Aude et de l’Hérault.

Et pour les AOP ? Comme l’écrit vitisphere.com : “Désormais officiellement affiliés aux cépages européens traditionnels, les nouveaux cépages Artaban, Floreal, Vidoc et Voltis pourraient rentrer dans les vignobles d’appellation, dont l’accès leur était jusqu’à présent inenvisageable”.

L’avenir ?

La réponse viendra des marchés. Des consommateurs donc. Les profils aromatiques de ces cépages sont différents et nouveaux. Les vignobles Foncalieu ont été les premiers à commercialiser en France, une cuvée 100% cépages résistants en 2019 : NUVOTE. Assemblage des cépages artaban et vidoc, ce vin plaisir a trois autres points forts : il est bio, sans sulfite ajouté et son degré d’alcool est faible. Sur le millésime 2021, 15 000 bouteilles sont commercialisées. Les retours de leurs clients sont positifs à la fois en termes de dégustation et du message positif transmis par la bouteille. C’est un bon début. Les cuvées 100% issues de ces 4 cépages français sont encore rares. On les retrouvera plus facilement assemblés à d’autres cépages internationaux. Au vu de la demande exponentielle de ces cépages tolérants et adaptés aux nouvelles conditions climatiques, Artaban, Floréal, Vidoc et Voltis devraient peu à peu sortir de l’ombre. A moins que leurs confrères suisses avec le Cabernet blanc, ou l’Italien Soleris voire l’allemand Souvignier Gris, pour ne citer qu’eux, remportent plus largement la faveur des producteurs puis des consommateurs.

Anne Schoendoerffer

Sources : Oscar, vitisphere.com, Anne Schoendoerffer

Le vignoble de la moselle Luxembourgeoise : petit et unique

Le Luxembourg est connu pour son système fiscal. Son vignoble, l’un des plus septentrionaux, l’est moins. Pourtant, c’est l’un des plus anciens d’Europe. Son histoire viticole, des Celtes jusqu’à aujourd’hui, est passionnante. Que se cache t’il derrière ses vignes de ce tout petit Etat situé au cœur de l’Union européenne ? Découverte de ce vignoble de la Moselle Luxembourgeoise unique.

Sommaire :

  • Une histoire ancestrale
  • Petit et magnifique
  • Une organisation professionnelle tripartite
  • Les cépages : blanc, pinot noir aussi, et résistant
  • Le crémant du Luxembourg fête ses 30 ans cette année.
  • Quelques producteurs de vins bio

Une histoire ancestrale

La Vallée de la Moselle connaît une tradition viticole vieille de 2 000 ans. Celtes, Gaulois et Romains y cultivaient la vigne avant que les monastères ne s’en emparent au Moyen- âge et étendent le vignoble à une grande partie du pays. Mais les rigueurs de l’hiver 1709 rendront à la Moselle son exclusivité viticole. Et, à la fin du XIXe siècle, 90 % du vignoble sera consacré à l’elbling, exporté vers l’Allemagne pour y couper les vins locaux.

Ce n’est qu’après l’accord d’union douanière avec la Belgique (1922), la fondation de l’Institut viti-vinicole à Remich (1925) et la création de la Marque Nationale (1935) que le vignoble se diversifie et se développe.

Avec, depuis les années 1980, l’introduction de la dénomination «Moselle Luxembourgeoise – Appellation contrôlée» , la création de l’appellation «Crémant de Luxembourg» , puis celle des mentions particulières «Vendanges Tardives», «Vin de Glace» et «Vin de Paille» , ainsi que les «Vins barrique».

Petit et magnifique

“Et au milieu coule une rivière”, pourrait-on dire, tant les lieux inspirent sérénité et beauté. Ici, il s’agit de la Moselle, qui s’entoure sur 42 km du vignoble luxembourgeois, face à l’Allemagne. Le fleuve sillonne autour d’un paysage de vignes magnifique. Sans surprise, la vallée de la Moselle luxembourgeoise, région principale de la viticulture du Grand-duché, est l’une des principales destinations touristiques du pays. A seulement 20 km de la capitale. De Schengen au sud à Wasserbillig au nord, près de 340 exploitants cultivent environ 1280 hectares de vignes, dont 90% sont plantés avec des cépages servant à élaborer des vins blancs.

Une organisation professionnelle tripartite

Le vignoble luxembourgeois est mis en valeur par trois groupements de producteurs. Comme le raconte Philippe Schmitz, le délégué commercial des Domaines Vinsmoselle, “le pays a une grande tradition de la coopérative”. Son entreprise rassemble les 6 caves coopératives du pays et regroupe 450 adhérents-viticoles. Ensemble, ils représentent 61,70% des producteurs. Cette année, ils célèbrent les 100 ans de leur première cave coopérative, la plus ancienne de la Moselle luxembourgeoise, les Caves de Grevenmacher

52 vignerons indépendants se sont fédérés depuis 1966 dans l’Organisation Professionnelle des Vignerons Indépendants (O.P.V.I.). Ils représentent 23% des producteurs

Les producteurs-négociants fédérés depuis 1928 dans la Fédération des Producteurs Négociants et promoteurs des vins mousseux dès les années 1920. Ils représentent 15,30% des producteurs.

Les cépages : blanc, pinot noir aussi, et résistant

Sur 1280 ha de vignoble de la Moselle luxembourgeoise,90% des cépages sont blancs. C’est le Rivaner (Müller-Thurgau) qui occupe la première place, avec 21,6 % de la surface du vignoble. Ce cépage produit des vins de table légers. Arrivent ensuite le pinot gris et une spécialité luxembourgeoise, l’auxerrois, à 15% environ chacun. Et ensuite, le riesling, le « roi des vins blancs », qui occupe 12,8 % de la superficie du vignoble. Ce cépage à maturation tardive est moins sensible aux maladies fongiques et tolère particulièrement bien la pourriture noble. Quant au Elbling, auparavant majoritaire, sa surface ne cesse décoître.

Le pays se tourne de plus en plus vers le Pinot noir. Aujourd’hui, un dixième de la surface du vignoble est planté avec le cépage rouge de Bourgogne. Selon Claude François, journaliste et éditeur du guide VinsLux, et également fin observateur du vignoble luxembourgesois : “presque tous les vignerons proposent du Pinot Noir et le vinifient en fûts de bois. Le meilleur millésime de Pinot Noir à ce jour est 2018, suivi d’un 2020 tout aussi excellent. Mais dans pratiquement tous les millésimes depuis 2014, de bons Pinots Noirs ont été produits”.

Cépage résistant comme le Cabernet Blanc

Que ce soit la coopérative des Domaines Vinsmoselle ou des petits producteurs comme le domaine KOX, les vignerons, comme en France, se mettent à produire des vins issus de cépage résistant comme le Cabernet Blanc, croisement d’un cabernet-sauvignon avec une variété résistante aux maladies, créé par le suisse Valentin Blattner en 1991.

Le crémant du Luxembourg fête ses 30 ans cette année.

Comme le raconte Claude François, “à présent tout le monde fait des crémants de Luxembourg. C’est le moteur de notre viticulture”. C’était en 1991. A présent, environ trois millions de bouteilles sont produites par an. Certains autochtones aiment d’ailleurs prétendre que “ les meilleurs crus peuvent certainement rivaliser avec les meilleurs champagnes » !

Quelques producteurs de vins bio

La viticulture biologique gagne peu à peu en importance. Elle représente aujourd’hui 10% parmi les vignerons indépendants. D’autres essaient le «bio» dans certaines parcelles. Comme une cuvée, issue de cépage résistant cabernet blanc des Domaines Vinsmoselle. La marge de progression est encore grande.

« Les vignerons qui travaillent plus conventionnellement sont de manière générale également conscients de l’environnement et adoptent la culture raisonnée », souffle un observateur.

Par Anne Schoendoerffer

Sources : Guide VinsLux, www.visitmoselle.lu, concoursmondial.com, Anne Schoendoerffer

@Anne Schoendoerffer

AOC Collioure Rouge : saisissante appellation de 50 ans produite sur un vignoble extraordinaire

Collioure, merveilleux petit bout du monde de la côte Vermeille dans les Pyrénées orientales fête ses noces d’or cette année. Tout le monde connaît le Banyuls produit sur la même aire d’appellation que l’AOC Collioure rouge.  L’occasion de découvrir ce vignoble où chaque bouteille de vin produite est le fruit d’un travail de vignerons et de coopérateurs passionnés, sans concession possible, tellement les pentes sont rudes ici. Voici l’histoire d’un vignoble héroïque, un des plus beaux du monde, qui coûte que coûte, se réinvente.

Sommaire :

  • Collioure / Banyuls : l’histoire d’une aire d’appellation à double AOC
  • Un vignoble extraordinaire entre mer et montagne
  • Un vignoble labellisé
  • Le grenache, le cépage roi
  • Les vins de l’appellation Collioure

Collioure / Banyuls : l’histoire d’une aire d’appellation à double AOC

Géographiquement, l’aire de l’AOC Collioure est la même que celle de l’AOC Banyuls. Leur différence ? Banyuls correspond à l’appellation des Vins Doux Naturels (VDN), et Collioure à celle des vins secs. Jusqu’en 1935, les vins secs produits sur le terroir de Banyuls étaient appelés les “ vins nature du terroir de Banyuls”, pour les différencier des vins obtenus par mutage : le Banyuls . En 1971, sous l’impulsion de son président de cru, André Parcé, les vins rouges purent enfin bénéficier de l’AOC. Une victoire pour la toute première appellation de vin sec du Roussillon qui fête ainsi cette année ses cinquante ans !

Aujourd’hui, 44 vignerons indépendants et 3 caves coopératives élaborent chaque année environ 20 000 hectolitres de vin en AOP Collioure et 14 000 hl en AOP Banyuls.

Un vignoble extraordinaire entre mer et montagne

Cet incroyable vignoble, le plus méridional de France, a été créé au VIème siècle avant notre ère, par les Phéniciens et les Phocéens. Au fil des siècles, la vigne s’est peu à peu déployée de façon vertigineuse sur des terrasses escarpées dominant la mer.

1 400 hectares de vigne s’étendent du niveau de la mer jusqu’à près de 400 mètres d’altitude. Plus d’un tiers se situe sur des pentes abruptes dépassant les 50 % ! Ici, le paysage se découpe, entre vignes et terrasses (nommées feixas), soutenues par des murets construits avec le même schiste du terroir. Elles sont entretenues scrupuleusement, pierre par pierre, par les vigneron(ne)s et les coopérateur(e)s. Elles sont entourées par les chênes, les châtaigniers, le maquis et la culture de l’olivier. Cette flore abondante permet de protéger la faune et les terroirs contre l’érosion.  Comme le dit si bien, le nouveau et jeune président de l’AOC Collioure, Romuald Peronne, vigneron du Clos Saint Sébastien : “ Ici, le travail de la vigne est resté humain, comme hors du temps. C’est une vraie difficulté pour les vignerons qui travaillent le vignoble à dos d’hommes, à cause des pentes abruptes, mais une gageure de la qualité des travaux d’entretien des vignes. La biodiversité et les paysages sont ainsi préservés et entretenus. C’est une typicité de ce vignoble historique, à faire mieux connaître, pour valoriser le travail ardu et humble de chaque vigneron de l’appellation Collioure”.

Un vignoble labellisé

Distingué au titre des « paysages labellisés » par le Ministère de l’Environnement depuis 1993, le vignoble s’inscrit aussi dans le groupement des Réserves Naturelles, des terrains du Conservatoire du Littoral et des sites Natura 2000. En 2011-2012 a été initiée une Charte Paysagère et Environnementale de la Côte Vermeille visant à valoriser le rôle de la viticulture locale dans le respect des enjeux écologiques, et notamment de la ressource en eau.

Le grenache, le cépage roi

S’il est un cépage emblématique des vignobles de Banyuls et Collioure, c’est bien le Grenache. Il se décline ici en noir (pour les vins rouges), en blanc et en gris (pour les vins blancs). Sur ce sol de schistes entre mer et montagne, le Grenache fait office de « révélateur de terroir », catalyseur de puissance et finesse, de maturité et de salinité. Il est l’un des grands marqueurs identitaires du vignoble.

Parmi les autres cépages, citons pour les blancs, le vermentino, le macabeu, le tourbat. En rouge, carignan, syrah, mourvèdre.

Les vins de l’appellation Collioure

Les vins de l’appellation Collioure sont produits en rouge à 50%, en blanc à 30% et en rosé à 20%

Pour Romuald Peronne, “l’AOC Collioure est plurielle. Collioure rouge marque son style par des vins charnus et gorgés de soleil, mais travaillés pour faire ressortir finesse et élégance de ses terroirs de schistes bruns balayés par les embruns maritimes”. Comme la cuvée Inspiration Céleste à 90 % Grenache noir et 10% Carignan (29 €) du Clos Saint-Sébastien. Il précise : “l’avenir de l’appellation est dans les blancs car les grands vins de garde sont les Collioure Blancs”. La nouvelle génération, impliquée et réfléchie, produit déjà de nombreuses pépites en rouge, blanc et rosé, à ressentir pleinement sur place, dans ce merveilleux coin de paradis qu’est la Côte Vermeille.

Anne Schoendoerffer

L’instinct partagé : au cœur de la nouvelle identité vibrante des vins du Languedoc

Quand « l’instinct partagé” devient le cœur de la nouvelle identité et signature de marque des vins du Languedoc, c’est une (belle) révolution pour le premier vignoble de France. Pourquoi ? Quels changements ? Quels atouts ? Voici l’histoire d’un vignoble qui bouscule (enfin) les codes du vin pour rentrer dans ceux de la vraie vie. #InstinctPartagé

Sommaire :

  • L’histoire de la révolution qualitative des AOC du Languedoc
  • “Vins du Languedoc, l’instinct partagé”, la nouvelle identité visuelle et signature de marque
  • Déploiement de la campagne de communication

L’histoire de la révolution qualitative des AOC du Languedoc

Jusque dans les années 1980, la majorité du vignoble languedocien est encore tournée vers la productivité. C’était le modèle gagnant, au détriment de la qualité. Mais une poignée d’irréductibles a l’intuition de se battre pour faire reconnaître leurs terroirs en AOC, gage de qualité et d’origine. Ce long combat, initié dans les années cinquante, notamment par Jules Milhau – économiste et homme politique – sera gagné en 1982 par Faugères, Saint-Chinian et en 1985 par Minervois, Corbières et les Coteaux du Languedoc, nommé à présent AOC Languedoc (à ne pas confondre, avec les AOC du Languedoc). Précisons que d’autres AOC du Languedoc existaient déjà, comme l’historique Fitou dès 1948.

Dans les années 1990, le Languedoc attire des néo-vignerons, d’origines très différentes. Ils achètent des vignes sur ces beaux terroirs à un prix accessible et créent les vins qu’ils aiment. C’est le début de l’époque où l’on commence à sortir des vins “parkers”. Parallèlement, les nouvelles générations des fils de vignerons – et de plus en plus de filles – reprennent les rênes des domaines familiaux. Formés et ayant découvert d’autres vignobles, ils font évoluer les pratiques paternelles. Ils quittent les caves coopératives et créent des caves particulières, s’intéressent à leur environnement et se tournent vers le bio. C’était avant les autres green labels comme Haute Valeur Environnemental (HVE) de la fin des années 2000.

Comme le souligne Miren de Lorgeril, Présidente du Comité Interprofessionnel des Vins du Languedoc (CIVL)*, “la dynamique qualitative du Languedoc est incontestable : en une génération, le travail de fond des vignerons et négociants dans leurs vignes, sur leurs cuvées comme sur leurs étiquettes, a positionné la région comme l’eldorado des vins français. Ce succès doit nous rendre plus exigeants, plus ambitieux, avec l’envie de mieux dire ce que nous sommes”. Elle précise : “les appellations du Languedoc, c’est 10 % du vignoble languedocien, une trentaine de milliers d’hectares, l’équivalent de la Bourgogne.

“Vins du Languedoc, l’instinct partagé”, la nouvelle identité visuelle et signature de marque

“Nous sommes revenus à la source. On n’a rien inventé. Beaucoup de choses ont été dites” pose Marion Danjou-Oury, la directrice marketing du CIVL. Dans les faits, c’est le fruit d’un long travail de concertation où producteurs et consommateurs ont réagi via des questionnaires et/ou des groupes de travail. “Il fallait juste arriver à exprimer tout cela” relate-t-elle lors de la présentation de cette nouvelle stratégie en avant-première à la presse le 8 juin 2021 au Château de l’Engarran.

L’ambition portée par les vigneronnes et vignerons du Languedoc est d’incarner la nouvelle scène viticole française. Celle qui suit son instinct et bouscule les codes du vin.

Leur mission ? Partager avec les consommateurs le plaisir intense et instinctif du vin. Et c’est une vraie révolution dans un monde du vin aux codes trop complexes.

Cette nouvelle identité du Languedoc s’affirme autour de quatre axes identitaires :

– son Énergie, ses énergies : celles de la terre, du soleil, du vent et des hommes

– sa Nature, à la source de tout, toujours authentique

– son Caractère : toujours fort, authentique, spontané,

– sa Liberté : car le Languedoc du vin se remet en question, entreprend, ouvre les possibles et bouscule les codes.

Déploiement de la campagne de communication

Vous n’en avez pas encore entendu parler ? C’est normal, car cette toute nouvelle campagne de communication a débuté en juin 2021 en France et sera lancée dès janvier 2022 à l’export. Les acteurs : les vigneronnes et vignerons des AOC Languedoc pris sur le vif, en action, dans des instantanés qui illustrent cinq valeurs fondamentales au cœur de la promesse des vins du Languedoc : spontanéité, force de caractère, énergie créatrice, engagement et dépassement, sens du plaisir. Tout ce qui définit la réalité de ces vins.

Le tout est relayé sur les réseaux sociaux, via un (futur) site internet, un film de marque et une autre idée géniale où les cavistes doivent répondre instinctivement à deux questions, comme : quelle cuvée du Languedoc vous proposeriez à Coluche sur une barque de pêche ? La réponse est à découvrir sur les réseaux sociaux #InstincPartagé. Ou ici 🙂 La cuvée Pompadour de la cave Embres et Castelmaure. Comme le disait William Shakespeare : “C’est une chose merveilleuse que l’instinct”.

Anne Schoendoerffer

*Le Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc fédère 20 AOP du Languedoc. Ce vignoble rassemble plus de 1 600 entreprises (caves particulières, négociants et caves coopératives). En 2020, les AOP du Languedoc ont produit près de 150 millions de bouteilles, pour un chiffre d’affaires de 550 millions d’€. Les vins sont majoritairement rouges (60%), avec une croissance forte des vins rosés (20%) qui sont aujourd’hui produits dans les mêmes proportions que les vins blancs (20%). Plus de 30% des vins sont exportés, principalement vers les USA, le Royaume-Uni, la Chine, la Belgique, l’Allemagne et le Canada.

2020 : résilience, tendances et opportunités dans le monde du vin

Sommaire

  • Consommation mondiale : Tendances dans les principaux pays consommateurs de vin
  • L’impact de la Covid-19 sur le secteur du vin : principales tendances observées
  • Qui sont les perdants et les gagnants ?
  • Quelles sont les nouvelles opportunités ?

Consommation mondiale : Tendances dans les principaux pays consommateurs de vin

Au niveau mondial, la tendance de consommation (basée sur une estimation) est globalement à la baisse avec -3% soit 234 millions d’hectolitres. Rappelons que les cinq premiers pays consommateurs de vin sont respectivement, les USA, la France, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Unis. Avec de fortes variations pour cette année COVID, en fonction, comme le souligne l’OIV de : “de facteurs tels que les habitudes nationales de consommation (poids du vin par rapport au total des boissons alcoolisées…), la durée et la rigueur des mesures de confinement et des politiques associées comme les interdictions de vente, ainsi que le poids du tourisme dans la consommation nationale de vin.

Les tendances en hausse

Championne toute catégorie,  l’Italie qui a consommé 7,5 % de plus qu’en 2019, soit 24,5 millions d’hectolitres. Sa consommation se rapproche de celle de la France. Les apéros skype n’auront pas fait bouger les lignes dans l’hexagone. Les chiffres sont stables par rapport à 2019 avec 24,7 millions d’hectolitres. Tout comme aux USA,  avec 33,0 millions d’hectolitres comme en 2019 qui confirment encore sa position de premier pays consommateur de vin au monde. En Amérique du Sud, la consommation globale de vin a augmenté en 2020 par rapport à 2019. En Argentine, avec 9,4 millions d’hectolitres, la consommation de vin a augmenté de 6,5% par rapport à 2019. Avec 4,3 millions d’hectolitres en 2020, le Brésil (+18,4% /2019) a enregistré le plus haut niveau de consommation depuis l’année 2000. Au Chili, 1,8 millions d’hectolitres de consommation de vin a été enregistré en 2020.

Les tendances en baisse

A l’opposé, l’Espagne a consommé 9,6 millions d’hectolitres en 2020, soit -6,8% par rapport à 2019. De même, des pays comme le Portugal (4,6 millions d’hectolitres, -0,6% /2019), la Roumanie (3,8 millions d’hectolitres, -1,9% /2019), la Belgique (2,6 millions d’hectolitres, – 3,1% /2019), la Suède (2,2 millions d’hectolitres, -2,3% /2019) et la Hongrie (1,9 millions d’hectolitres, -10,2% /2019) ont vu leur consommation de vin diminuer en 2020. Avec une baisse de 19,4% par rapport à 2019, l’Afrique du Sud (3,1 millions d’hectolitres) a enregistré la plus faible consommation de vin de ces vingt dernières années. La cause ? Les ventes locales d’alcool ont été interdites (même les ventes en ligne) pendant 14 semaines durant la période de confinement.

L’impact de la Covid-19 sur le secteur du vin : principales tendances observées

En 2020, il s’est vendu légèrement moins de vin dans le monde (105,8 millions d’hectolitres, soit −1,7 % / 2019). Le marqueur le plus notable est en termes de valeur avec une baisse −6,7 % / 2019 soit 29,6 Milliard €.  “Le vin haut de gamme a été le plus touché par la fermeture des restaurants et des salles de dégustation, tandis que les grands producteurs qui ont maîtrisé leur distribution avec des grossistes partenaires majeurs ont pu tirer leur épingle du jeu”, selon l’OIV.

Qui sont les perdants et les gagnants ?

Ce sont les effervescents qui ont été le plus touchés, notamment les champagnes, associés à un instant festif. Les seuls qui tirent leur épingle du jeu sont les Prosecco. Côté format, les vins en bag-in-box ont connu une hausse prononcée de leurs ventes. Même si les BIB continuent leur forte progression, leur volume total reste cependant faible.

Quelles sont les nouvelles opportunités ?

En utilisant le mot clef “résilience”, Pau Roca, le directeur général de l’OIV, rappelle que “les producteurs de vin ont été confrontés à la nécessité de s’adapter à la diversification des marchés et des canaux de distribution et qu’ils le seront encore à l’avenir”. La fermeture complète ou partielle des cafés, hôtels et restaurants (CHR) a été compensée partiellement par une augmentation des ventes de vin via le commerce électronique et la grande distribution.

Qui dit résilience, dit adaptation.  Tout comme nous tous, dans nos secteurs et nos différentes fonctions. Pour lui, “seuls ceux qui intégreront des comportements d’adaptation pourront y faire face”. Les nouvelles opportunités à développer passent par la diversification, en commençant par la consommation.  Entre autres objectifs, l’OIV travaille pour convertir le vin en un produit de consommation davantage universel.

Anne Schoendoerffer

Source : https://www.oiv.int/en/oiv-life/2020-a-year-of-resilience

Le rosé, la couleur top tendance

Avec le printemps qui s’installe, le rosé s’affiche sur les tables. Cette couleur encore considérée il y a peu “comme un petit vin” par la majorité des consommateurs est devenue très tendance et se consomme de plus en plus tout au long de l’année. Preuve en est, entre 2002 et 2018, la consommation mondiale de vin rosé a progressé de 40 %. Qui le consomme ? Le produit ? Quelles évolutions ? …Découverte de cette couleur top trendy.

Sommaire

  • Une consommation en hausse exponentielle
  • Qui sont les premiers consommateurs mondiaux de rosé ?
  • Une production qui s’adapte à cette couleur
  • Pourquoi un tel succès ?
  • A chaque culture, sa couleur rose
  • A quels prix ?
  • Des rosés icônes aux rosés terroirs

Une consommation en hausse exponentielle

Selon les derniers chiffres disponibles publiés en 2020 par l’Observatoire Mondial du Rosé (CIVP / FranceAgriMer), la consommation mondiale de rosé est passée de 18,3 millions d’hectolitres en 2002 à 25,6 millions d’hectolitres en 2018. Soit une progression de 40 % en 17 ans ! Elle a atteint un niveau record en 2018, avec un bond de 9 % sur ce millésime par rapport à 2017. En comparaison, la consommation de vin tranquille sur les 3 couleurs (rouge, blanc et rosé) n’a évolué que de 5 % sur la même période.

Qui sont les premiers consommateurs mondiaux de rosé ?

La France est la première consommatrice de cette couleur avec 34 % de la consommation mondiale. Les Etats-Unis vivent une ascension exceptionnelle de la consommation de rosé avec 20 % de la consommation mondiale. L’Allemagne se positionne en troisième position.

Une production qui s’adapte à cette couleur

Le solde production/consommation est redevenu positif en 2018 pour la première fois depuis 2014 (on produisait moins de rosé que l’on en consommait). Les premiers producteurs sont la France : 28 %, les Etats-Unis : 19 %, Espagne : 17 %, Italie : 9 %, Afrique du Sud : 5 %

Pour répondre à cette demande en hausse, des vignobles de l’hexagone ont opéré une mutation vers le rosé. Comme pour les AOC du Languedoc qui en 2015 commercialisent 12 % de rosé et sont passés en 2020 à 18 %. Soit une progression de 9%.

Pourquoi un tel succès ?

Déjà en 2017, lors du salon professionnel vinisud à Montpellier, Sarah Abbott, Master Of Wine 2008, (le plus prestigieux diplôme dans le monde du vin) confiait : “ Boire du rosé est devenu très tendance dans de nombreux pays. Sur les réseaux sociaux, le simple #drinkrosé rassemble 6 millions d’utilisateurs aux USA. Cette présence a permis au rosé d’être associé au style de vie et au régime méditerranéens”. Parmi les autres raisons qui expliquent cette tendance, c’est aussi son côté décomplexé, facile, plaisir.

A chaque culture, sa couleur rose

Les Français préfèrent les rosés aux robes claires et peu soutenues. Les Italiens et les espagnols aiment les rosés plus foncés. Les Anglo-saxons apprécient les robes de teinte intermédiaire, avec une couleur rosée marquée.

A quels prix ?

Côté prix export, les vins rosés premium proviennent principalement de France (3,50€/75cl, prix douanes HT). A contrario, l’Espagne occupe une place forte sur l’entrée de gamme (0,75€/75cl, prix douanes HT). L’Italie de son côté baisse sur les volumes exportés de rosé, mais voit son prix moyen croître, atteignant 2,30€/75cl (prix douanes HT). C’est une des forces des rosés : un vin accessible avec un bon rapport qualité prix.

Des rosés icônes aux rosés terroirs

Deux tendances s’installent avec les vins rosés iconiques qui se dégustent toute l’année et les vins de terroirs à la belle matière. Côté très haut de gamme, la mise sur le marché en 2019 par le négociant languedocien Gérard Bertrand de son Clos du Temple à 190 € (AOP Languedoc Cabrières), est un bon exemple. Ce flacon casse les codes de cette couleur et se positionne, à juste titre, sur un rosé iconique, intemporel et gastronomique. Cette couleur encore considérée pour “un vilain petit sous-vin qui donnait mal à la tête et à boire vite est devenu un beau vin éclatant, léger et frais, aux arômes de fleurs et de fruits frais que l’on peut ouvrir sans chichi pour toutes les occasions et toute l’année”, comme le pointe Nathalie Caumette, la présidente de l’appellation Faugères, fraîchement élue Présidente de la nouvelle association internationale « Rosés de Terroirs » (composée des AOC Tavel, Bandol, Côtes de Provence, Côtes de Toul, Costières de Nîmes, Faugères, Rosé-des-Riceys et Bardolino Chiaretto). Ces vignerons de « Rosés de Terroirs » incarnent une nouvelle ère où le rosé n’est plus une variable d’ajustement mais un vin à part entière. D’ailleurs, notons que le millésime 2019 de ces vins de terroirs se déguste à merveille en 2021. Faites-le savoir.

Anne Schoendoerffer

Sources : Observatoire du Rosé CIVP / FranceAgriMer, 2020 ,CIVL, AOC Faugères, Anne Schoendoerffer

Quelles sont les tendances de consommation dans l’univers du vin ?

La France est le deuxième pays consommateur de vin au monde derrière les Etats-Unis et devant l’Italie. Plus de 3,5 milliards de bouteilles ont été consommées en 2019. Pourtant, en l’espace de cinquante ans, la consommation de vin dans l’hexagone a baissé de façon structurelle de 50 %. Car le vin est devenu un produit culturel et occasionnel. Pourtant, il reste la boisson alcoolisée préférée des Français. Alors regardons quelles sont les tendances de consommation via la dixième édition du baromètre Sowine*/Dynata 2021.

Sommaire :

  • Tendance les Français et le vin
  • Tendance les français et le vin bio
  • Tendance les Français et le digital
  • Tendance les Français et le no-low

Tendance les Français et le vin

Le dernier baromètre Sowine/Dynata 2021 montre que les Français sont de plus en plus nombreux à s’intéresser au monde du vin : deux sur trois déclarent s’y intéresser, et un sur deux se déclare amateur éclairé. Par ailleurs, la part de non-consommateurs diminue légèrement (11 %, en baisse de 5 points), et celle des grands consommateurs, qui consomment du vin une à plusieurs fois par semaine, atteint 50 %, contre 36 % en 2019. Pour les acteurs du vin, c’est une bonne nouvelle au regard des chiffres publiés par l’OIV (Organisation Internationale de la vigne et du vin). La consommation française est passée de 100 litres par habitant et par an en 1975 à 49,5 litres par an et par habitant de plus de 15 ans en 2019 (OIV, 2020).

Tendance les français et le vin bio

Le vin bio est entré dans les habitudes de consommation des Français et il ne cesse de recruter de nouveaux adeptes. Cette forte tendance se confirme d’autant plus chez les moins de 25 ans, qui sont près de 71 % à vérifier lors de l’achat si une bouteille de vin est bio. Quant aux connaisseurs, 85 % d’entre eux scrutent ce label avant de l’acquérir. À l’opposé, la part des français qui n’achète jamais de vin bio baisse de 21 %. Soulignons comme le note Sowine : “cette proportion est en baisse de -13 points par rapport à 2019”.

Tendance les Français et le digital

En 2020, le digital a été au cœur des vies des citoyens confinés et connectés. Dans l’univers du vin, d’après le baromètre, l’achat en ligne a connu un véritable boom : la part des acheteurs passe de 31 % en 2019 à 46 % en 2020. Qui plus est, 69 % des acheteurs en ligne accordent un budget supérieur à la moyenne à leurs achats en ligne, soit plus de 10 € par bouteille. 30 % de ceux qui ont acheté du vin en ligne l’ont fait majoritairement pour découvrir de nouvelles références, à 23 % pour acheter du vin pour leur consommation courante et à 17 % pour soutenir les producteurs. Étonnamment, 29 % des Français qui achètent habituellement du vin en ligne n’ont cependant pas acheté en ligne pendant les périodes de confinement.

Confinés et informés, telle est la tendance qui se dégage aussi de la part des interviewés. Les consommateurs sont nombreux à avoir recours à des sources d’informations numériques dans leur acte d’achat. Prioritairement via les sites web (38 %) et les réseaux sociaux (37 %). Ils sont 28 % à suivre des influenceurs vins et spiritueux. Plus d’un Français sur deux qui suit ce type de compte accorde une importance toute particulière aux conseils que les influenceurs peuvent leur promulguer. Par ailleurs, la moitié des grands acheteurs de vin (qui achètent du vin une à plusieurs fois par semaine) déclarent avoir déjà acheté un vin qui leur avait été recommandé sur les réseaux sociaux.

Tendance les Français et le no-low

S’il est un sujet que les acteurs du vin observent aussi de près, c’est aussi celui du no-low pour les vins sans alcool ou à faible taux d’alcool. Selon le Baromètre, 27 % des Français déclarent en consommer. Cette tendance parle plus particulièrement aux 18-25 ans, puisqu’ils sont 40 % à déclarer en consommer, contre 14 % chez les 50-65 ans. Parmi les principales motivations citées par les consommateurs de ces produits : le fait de faire attention à sa santé (41 %), la volonté de réduire sa consommation d’alcool (41 %), le goût (35 %) et le peu de calories associées (30 %).

*Depuis 10 ans, Sowine scrute les tendances de consommation des Français dans l’univers du vin. Le dernier sondage mené par Dynata pour l’agence conseil en marketing et communication a été réalisé en décembre 2020 auprès de 1005 Français représentatifs âgés entre 18 et 65 ans.                                                                  

Anne Schoendoerffer

Sources : vinetsociete.fr, OIV, www.sowine.com

Le boom des vins bio en France

Chaque année, depuis 28 ans, fin janvier, se tient Millésime Bio, le salon mondial du vin biologique. Cet événement majeur pour tous les professionnels du vin, tant les acheteurs que les vignerons, est l’occasion de faire le point sur ce marché côté consommation et côté production. Zoom sur cette filière dynamique.

Sommaire :

  • Une consommation en croissance
  • Un marché en plein boom
  • Où sont ils achetés ?
  • Côté production, une hausse soutenue
  • Les régions françaises leaders

Une consommation en croissance

Comme le souligne Jeanne Fabre des domaines Famille Fabre en Languedoc et Présidente de la commission Millésime Bio : “La crise sanitaire que nous traversons a fragilisé la filière vin, mais les derniers chiffres publiés par l’Agence Bio en juillet dernier sont porteurs d’espoir : la consommation d’aliments bio, et notamment de vin bio, ne cesse de prendre de l’ampleur. Cette crise aura eu pour effet une prise de conscience qui marque une évolution de la consommation vers des produits plus responsables, locaux et bio de préférence”.

Un marché en hausse constante

Selon les dernières données de l’OIV (Organisation Internationale de la vigne et du vin) en 2018, la consommation en France de vin bio représente en volume 4,7 % de la consommation de vin en France. La valeur des achats de vins biologiques par les Français est estimée à 979 millions d’euros en 2019, en augmentation de 5 % par rapport à 2018. En une décennie, entre 2010 et 2019, ce marché a quasiment quadruplé. Les vins bio sont en plein boom. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à vouloir les déguster. La demande est parfois, sur une certaine catégorie de vin, supérieure à l’offre.

Où sont ils achetés ?

46 % des ventes de vins bio (en valeur) sont effectuées via la vente directe. C’est le seul secteur des vins pour lequel la vente directe est le circuit de commercialisation principal. Les consommateurs aiment acheter leurs bouteilles bio directement chez le vigneron(e). A 22%, les Français se dirigent soit chez leurs cavistes soit dans les grandes surfaces et à 10 % en magasins spécialisés bio. Sans surprise, suite à la pandémie de la COVID 19, d’après les panels distributeurs IRI, en 2020, la grande distribution française a commercialisé 250 millions d’euros de bouteilles de vin bio (en hypermarché, supermarchés, enseignes de proximité et drive), soit une hausse de 5 % par rapport à 2019.

Côté production, une hausse soutenue

En France en 2019, 112 000 ha sont cultivés en bio (AB + conversions) par 8 039 exploitations (+ 20 % vs 2018). Soit plus de 14 % du vignoble national. Cette hausse est constante et progresse à un rythme soutenu avec plus 23 % par rapport à 2018. Cette même année, 1313 nouvelles exploitations se sont engagées en bio contre 891 en 2018, 572 en 2017 et 87 en 2016.

Les régions françaises leaders

Selon l’Agence Bio, quatre vignobles représentent 72 % des volumes mis sur le marché. Avec en haut du podium, la région Occitanie qui cultive 38 % des surfaces viticoles bio françaises. Soit 42 424 ha (certifiés AB + conversions) qui ont produit environ 1 million d’hl de vin biologique en 2019.

En deuxième position, Provence Alpes Côte d’Azur avec 23 012 ha (certifiés AB + conversions) puis la Nouvelle-Aquitaine avec 19 696 ha (certifiés AB + conversions). C’est Auvergne Rhône-Alpes qui se place à la quatrième place avec 7 570 hectares (certifiés AB + conversions)

Notons que si l’on regarde par département, c’est la Gironde qui arrive en première place !

Anne Schoendoerffer

Sources : SudVinBio, Agence Bio, Anne Schoendoerffer

Découvrir le vignoble de la République Tchèque

Les Tchèques sont les premiers buveurs de bière au monde avec 146 litres/an et par habitant en moyenne. Pourtant, ce petit pays au cœur de l’Europe, au passé viticole datant du IIème siècle, est une région passionnante tant par son histoire, ses cépages que son ouverture à l’oenotourisme. Un vignoble à découvrir d’urgence.

Sommaire :

  • Le vignoble de la République Tchèque : 98% du vignoble se situe en Moravie du sud
  • Les Tchèques et la consommation de vin
  • Un vignoble marqué par son passé communiste
  • Les cépages du vignoble Tchèque
  • Une destination de choix pour le Cyclo-Oenotourisme
  • Le réchauffement climatique, un avantage pour ce vignoble

Le vignoble de la République Tchèque : 98% du vignoble se situe en Moravie du sud

Le vignoble tchèque représente 0,24 % du vignoble mondial, selon les derniers chiffres publiés par l’OIV (Organisation Internationale de la vigne et du vin). Ses 18 068 hectares sont situés à 97 % en Moravie du Sud, au sud-est du pays, à la frontière avec la Slovaquie et l’Autriche. Sa production est orientée à plus des deux tiers vers les vins blancs. L’autre partie du vignoble est en Bohême, au nord de Prague. La Tchéquie dénombre plus de 1 000 établissements vinicoles répartis dans 6 sous-régions viticoles et 383 communes.

Les Tchèques et la consommation de vin

Un observateur Tchèque aime dire : “nous sommes patriotiques. Nous aimons boire les vins que nous produisons !”. Leur consommation annuelle de vin par habitant est de plus de 20 litres, dont 6 litres de vin tchèque. Pour couvrir leur consommation, ils importent 2/3 des vins.  La France est leur cinquième importateur en volume.  Les exportations sont négligeables.

Un vignoble marqué par son passé communiste

Suite au coup d’État communiste de 1948, tout a été nationalisé et collectivisé. Personne n’avait plus rien. Tout appartenait à tout le monde. Le seul objectif étant la quantité, personne ne se souciait de la qualité. Après la révolution de velours et la chute du rideau de fer en 1989, la restitution des vignobles et le début des investissements privés, ont conduit à la restauration des caves familiales et à la création de nouvelles entreprises. En 1995, la loi sur le vin et l’adhésion du pays à l’Union européenne le 1er mai 2004 finissent d’amorcer le renouveau du vignoble Tchèque.

Les cépages du vignoble Tchèque

Le vignoble tchèque compte 35 variétés de vins blancs et 26 variétés de vins rouges inscrites au registre national des variétés végétales. Parmi elles, on retrouve des cépages internationaux, tels le chardonnay, le riesling ou le sauvignon blanc, mais aussi des cépages comme welschriesling, blaufränkisch ou l’autchotone palava, croisement entre le savagnin rose et müller-thurgau. Très aromatique, sur des notes exotiques, ce cépage est très populaire en Tchéquie. D’ailleurs pour Miroslav Volarik, vigneron du domaine Vinařství Volařík, il est même “le porte-drapeau des vins de notre pays”.

Une destination de choix pour le Cyclo-Oenotourisme

Pour tous les amoureux de vin et de vélo, la Moravie du Sud est la région viticole rêvée. 1 200 km de pistes cyclables, reliant les villages viticoles, sont balisés. L’épine dorsale est la route des vins moraves longue de 289 km entre Znojmo et Uherské Hradiště. Des établissements traditionnels aux wineries modernes, tout est fait pour accueillir les cyclo-oenotouristes. 

Le réchauffement climatique, un avantage pour ce vignoble

Le vignoble situé en Moravie est à la même latitude que l’Alsace et la Bourgogne. Il bénéficie d’un climat continental humide, sans saison sèche, avec des hivers rigoureux et des étés chauds. La saison végétative est plus courte qu’en Europe occidentale et les raisins mûrissent plus tard dans l’année. Les vendanges se déroulent entre la mi-septembre et fin novembre. Avec ce climat, le réchauffement climatique est selon certains observateurs “plutôt bénéfique au vignoble de la République Tchèque”.

Anne Schoendoerffer

Sources :